VERS UNE NOUVELLE ECOLE DE L’EELC

VERS UNE NOUVELLE ECOLE DE L’EELC

« VERS UNE NOUVELLE ECOLE DE L’EELC, UNE MEILLEURE ECOLE, UNE ECOLE COMPETITIVE » : UN DEFI A RELEVER
(Par Paul SALATOU, communication au Conseil d’Administration de l’œuvre scolaire de l’EELC du 25 août 2018 à Ngaoundéré)

Propos liminaires

Ce concept slogan vient en réponse à la crise que connait l’œuvre scolaire de l’EELC de manière endémique. La crise finit par mettre sous l’ombre, sous le boisseau, la lumière que fut l’œuvre scolaire dans l’histoire l’EELC. Les missions fondatrices de l’EELC, la Sudan Mission et la Norwegian Mission society, avaient compris et vu juste que l’éducation est libératrice (Freire, 1975). Elles ont créé les écoles primaires sur toute l’étendue de leur champ missionnaire respectif (Lode, 1990). Elles ne doutaient pas que faire fonctionner des écoles pouvait être jonché d’obstacles divers. Elles ont eu foi, elles ont osé ; elles ont surmonté les obstacles. Nous en avons comme résultat l’EELC aujourd’hui dont nous en sommes fiers.
Sommes-nous incapables de continuer ou de poursuivre l’œuvre de libération que nous ont légué les missionnaires et dont nous en sommes pour la plupart des produits ? Pourquoi faisons-nous de la crise de financement et de gestion de l’œuvre scolaire une montagne infranchissable ? Pourquoi nous laissons-nous laminés par les problèmes au point qu’ils sont rendus insurmontables ?
Depuis belle lurette, les sciences des organisations et de gestion ne parlent point des problèmes organisationnels ou de gestion. Pourtant ces problèmes existent bel et bien. La différence se situe au niveau de l’esprit, du mental avec lequel nous percevons les problèmes. Pour les sciences des organisations et de gestion, les problèmes sont qualifiés de défis qui appellent à être surmontés. Nos sociétés africaines connaissent bien ce que c’est que le défi. « Un défi lancé, on le relève ».
Cet intermède vise à nous faire lancer un défi face à la crise de financement et de gestion qui gangrène l’œuvre scolaire de l’EELC. La crise de l’œuvre scolaire de l’EELC, plus aigüe dans les établissements primaires et maternels, constitue un défi que nous chrétiens membres de l’EELC avec toute la communauté éducative pouvons et devons relever.
Que nous puissions nous dire individuellement ou collectivement : « Arrière nous, toi crise financière, crise de gestion de l’œuvre scolaire, crise spirituelle ou morale ! Tu nous détournes de notre mission de libération ! » Montrons notre détermination à relever le défi, nous acteurs à qui l’EELC a confié la responsabilité de gérer l’œuvre scolaire! Que nous puissions dire : « Oui nous le pouvons! » Relevons le défi pour une nouvelle école de l’EELC, une école meilleure, une école compétitive.
Nous voici embarqués dans le projet « Vers une nouvelle école de l’EELC, une école meilleure, une école compétitive » dès la rentrée scolaire 2018/2019. Nous en déclamons ci-après les lignes directrices et les modalités de mise en œuvre.
I – Vers une nouvelle école de l’EELC : de quoi s’agit-il ?
Nous parlons d’une nouvelle école. Il faut justifier le concept de nouvelle école. C’est l’objet de cette section qui procédera à un diagnostic sommaire du profil de l’école actuelle de l’EELC au sens générique (l’école actuelle de l’EELC englobe ses différents ordres d’enseignement, maternel, primaire et secondaire). De ce diagnostic se dégagera le concept de la nouvelle école.
1 – profil actuel de l’école de l’EELC
Un profil est une métaphore décrivant les traits dominants d’une réalité, qui confère une certaine identité à la chose. La photo d’une personne est un exemple de profil. Parler donc du profil de l’école de l’EELC consiste à en dégager les traits dominants par lesquels on peut l’identifier.
L’observation des pratiques, les discours ainsi que les différents supports des actes de gestion montrent à suffisance que l’œuvre scolaire ou l’école de l’EELC est traversée par une crise aigüe multidimensionnelle. Les effets et/ou conséquences de cette crise multidimensionnelle fait craindre que l’école de l’EELC soit sur le point de s’écarter – si ce n’est déjà pas le cas – de sa mission à elle assignée par les fondateurs à savoir les missions fondatrices de l’EELC notamment la NMS et la SM. Quelques exemples suffisent pour étayer notre propos sur la crise multidimensionnelle.
Au plan financier, il est reconnu par la plupart au sein de l’EELC et voire au-delà que l’œuvre scolaire avec ses établissements scolaires maternels et primaires connaissent une crise de financement devenue aigue à partir de la décennie 1990. Les manifestations les plus notoires sont le cumul d’arriérés de salaires dus aux enseignants ; l’état de ruine que connaissent les infrastructures d’accueil de ces écoles ; l’impossibilité avérée de fourniture en matériels didactiques en quantité et en qualité (à ces écoles à la fois aux enseignants qu’aux élèves). La crise de financement a entrainé des décisions de réduction de nombre d’écoles passant d’une cinquantaine à une vingtaine avec pour corollaire la mise en congé d’un en grand nombre d’enseignants ; l’absence d’un plan d’extension numérique et qualitative des écoles à travers de nouvelles créations (un projet d’ouverture d’une nouvelle école au début de la décennie 2000 n’a pu connaitre de réalisation et le fonds prévu a été utilisé pour régler les arriérés des salaires des enseignants ou à organiser les départs volontaires).
Au plan managérial
Au plan managérial, au regard de la situation actuelle ou depuis un certain temps on peut noter que l’œuvre scolaire est rendue ingouvernable, du moins elle échappe à tout contrôle. Dans ce chapitre managérial, il convient de considérer la dimension administrative et la dimension de gestion des ressources au sens large.
Au plan administratif, l’impression qui semble se dégager est que le secrétariat à l’éducation – organe de coordination et d’administration des écoles tous ordres confondus – est dépassé et ne contrôle plus rien. Quelques exemples suffisent pour étayer notre propos. L’absence d’informations constitutives du système d’information de gestion (SIG) est une réalité très grave et lourdes de conséquences : les comptabilités financières et matières de toutes les écoles n’existent pas depuis un certain temps ; la situation de dettes en termes des arriérés dus aux enseignants dans la plupart des écoles n’est plus maitrisée ; les conséquences de ce qui précèdent étant qu’il devient impossible d’établir avec précision les dettes de CNPS et d’impôt ; cette situation de non maitrise du système d’information de gestion entraine des conséquences dramatiques pour les personnels devant aller en retraite parce que cela demande un travail fou pour rétablir ou reconstituer la situation de leur pension de retraite. En outre, on note une tendance à l’abandon des écoles hors de Ngaoundéré et surtout des écoles rurales abandonnées à leur triste sort.
Au plan de gestion des ressources (financières, matérielles, infrastructurelles, etc.), la situation est identique à celle qui précède. Les ressources existantes sont mal gérées. Et les potentialités de trouver ou d’accroitre les ressources sont négligées ou ignorées. Quelques exemples suffisent pour illustrer notre propos.
L’écolage est une des ressources financières principales que compte l’œuvre scolaire. Il est de notoriété de tous, du moins des acteurs avisés de l’œuvre scolaire que l’écolage de tout temps n’a pas toujours été mobilisé de manière optimale. Si dans les écoles rurales cela s’explique par l’état de pauvreté des parents – ce qui été invoqué comme un des critères de non viabilité et a justifié la fermeture de certaines écoles – dans les écoles semi-urbaines et urbaines, la sous-optimalisation des recettes d’écolage s’explique par un système de collecte et de gestion déficient. Le système de collecte et de gestion des recettes d’écolage a connu une dégradation ces dernières années au point qu’en dépit d’augmentations des frais d’écolage, ce dernier n’arrive pas à contribuer efficacement à l’équilibre budgétaire des écoles et de l’œuvre scolaire. La malversation financière est devenue une règle et contribue à entretenir la crise de financement sans espoir d’issue.
Un autre exemple porte sur les apports consistants en financement reçus ou obtenus par l’œuvre scolaire à travers des subventions ou des projets. Tous ces apports n’ont pu efficacement aider l’œuvre scolaire à sortir de sa crise. Dans les années 1997/1998, le secrétariat à l’éducation avait monté le projet d’école intégrée au milieu et l’avait soumis à Norad via NMS pour financement. Eu égard à la situation des arriérés des salaires dus aux enseignants et évalués en des dizaines de mois, la NMS avec certains partenaires en Norvège sont venus à la rescousse de l’œuvre scolaire de l’EELC. Après évaluation de la situation par une mission d’évaluation constituée de deux Norvégiens, des recommandations ont été faites à l’EELC et au secrétariat à l’éducation d’engager des négociations avec les enseignants aux fins de signer un accord par lequel ces derniers acceptaient de renoncer à la moitié de leurs arriérés de salaires ; et en contrepartie, le secrétariat à l’éducation leur payerait la moitié restante. Une des recommandations de l’évaluation engageait le secrétariat à l’éducation et l’EELC à engager des réformes dans le système de gestion des écoles pour éviter à nouveau le cumul d’arriérés de salaires dans l’avenir. En 1999, l’accord était signé entre les parties et un montant d’une centaine de millions de FCFA était débloqué par la NMS et certains de ces partenaires en Norvège pour régler la moitié des arriérés de salaires cumulé dans la décennie 1990. Malheureusement l’engagement des réformes du système de gestion des écoles n’a pas abouti et le cycle de cumul d’arriérés des salaires a recommencé.
Un dernier exemple de problème de gestion des ressources. En 2002, l’organisme SU des jeunes enfants norvégiens qui avait soutenu les écoles de l’EELC pendant de nombreuses années (30 ans) via NMS invitait le secrétaire à l’éducation et le secrétaire général de l’EELC en Norvège. L’organisme SU annonçait son retrait du soutien des écoles de l’EELC après plusieurs décennies ; il était cependant disposé d’accompagner les écoles par une autre forme de soutien en compensation. Des échanges entre les parties avaient abouti au soutien en financement de SU de deux projets de l’œuvre scolaire de l’EELC : la construction d’un complexe scolaire à Ngaoundéré où le concept de la pédagogie de libération serait appliqué ; la construction d’une mini-cité à Dang comme projet générateur de revenus.
La construction du complexe scolaire dénommée la « Colombe » n’a pu être réalisée. Le secrétariat à l’éducation et le Bureau Exécutif de l’EELC, au regard de la crise de financement des écoles et en exécution d’un plan de redressement des écoles, ont demandé l’autorisation d’utiliser le fond de construction pour régler les frais des départs volontaires de certains enseignants.
Le fonds de construction de mini-cité a servi à l’acquisition d’un terrain à Dang et à démarrer les travaux. Les travaux de mini-cité n’ont pu cependant être menés à leurs termes. La gestion de mini-cité était soumise à un système de gestion sous-tendu par un règlement intérieur rédigé. La Représentante de la NMS à cette époque en avait fait une exigence. A l’observation des pratiques de gestion au sein de l’œuvre scolaire, ce système de gestion n’a pu être suivi avec les conséquences qu’on observe maintenant. Les possibilités de financement de l’œuvre scolaire par la mini-cité de Dang sont sous-exploitées et finiront par devenir un centre de coût si un système de gestion efficace n’est enfin pas mis en place. La mini-cité avec la complicité de certains responsables accueillent les enfants de certains membres de l’EELC gratuitement. A une certaine période, les agents financiers au SEDUC en faisaient leur business personnel sans être inquiétés. Cette pratique s’observe avec la gestion des cases de passage du SEDUC. Est-il difficile de rationaliser le système de gestion de ces structures génératrices de revenus en mettant en place des mécanismes de gestion transparents ?
Au plan éthique, le développement qui précède montre à suffisance que la crise de l’œuvre scolaire ou des écoles est également une crise spirituelle ou éthique. Nous voulons ici souligner la dimension de compromission du témoignage chrétien et surtout qu’il devient difficile de faire des écoles un outil d’évangélisation. La partie la plus visible de cette crise spirituelle ou éthique réside sans doute dans les conditions de réalisation de l’enseignement religieux et de l’aumônerie scolaire dans les écoles. Les problèmes financiers et de gestion ont certainement des effets ou impact sur la réalisation de l’enseignement religieux et de l’aumônerie. Si les enseignants qui hier assuraient l’enseignement biblique ou religieux avec conviction en plus des disciplines inscrites dans les programmes d’enseignement ne le font plus aujourd’hui parce qu’ils sont frustrés de leurs conditions socio-économiques provoquées par la crise de financement et de management, que reste-t-il de la mission assignée aux écoles, à l’œuvre scolaire ? Au-delà de ce que l’enseignement religieux n’a plus de cité dans les écoles, on observe l’inactivité de l’aumônerie dans ces établissements depuis un certain temps. Que pouvons-nous attendre des écoles au plan spirituel mais également diaconal ? Les valeurs chrétiennes au fondement de nos écoles constituaient la contribution de l’EELC au développement de la nation camerounaise. Mais lorsque ces valeurs chrétiennes s’éloignent des préoccupations des gestionnaires ou dirigeants des écoles, de l’œuvre scolaire, quelles en sont les conséquences ?
2 – Profil de la nouvelle école
La nouvelle école c’est cette école différente de celle marquée par la crise de financement, de gestion, de vocation, de vision, etc. profil caractéristique des écoles de l’EELC depuis la décennie 1990. La nouvelle école s’inscrit dans la continuité de la mission assignée à l’école c’elle d’être un outil de témoignage chrétien et d’évangélisation par l’exemple de vie caractérisé par le témoignage chrétien. La nouvelle école convoque et déploie des stratégies inspirées par le contexte ou l’environnement d’aujourd’hui. C’est une école qui fait du concept d’autonomie sa philosophie de base, sa finalité pédagogique et son principe de fonctionnement. L’autonomie ou liberté tire son fondement dans le christianisme. C’est à la liberté que le chrétien est appelé. Il est appelé à valoir et à valoriser ses talents.
Il est reconnu que le système éducatif hérité de la colonisation présente des limites. L’école n’était pas pensée et conçue pour le développement des territoires colonisés. L’école avait mission d’être un outil au service de la colonisation qui par essence est une exploitation des colonies au profit de la puissance colonisatrice. L’accession à l’autonomie, à l’indépendance des territoires colonisés appelait nécessairement une autre école pour l’émancipation véritable et pour le développement des Etats postcoloniaux. C’est dans cette perspective qu’il faut comprendre et interpréter les vagues de réformes de systèmes éducatifs dans les Etats postcoloniaux africains, donc le Cameroun. Il est question de penser un modèle, un concept d’école qui favorise l’autonomie véritable et le développement des nations postcoloniales. Vous constaterez que depuis la loi n° 98/004 du 4 avril 1998 d’orientation de l’éducation au Cameroun, un accent est porté sur le concept d’autonomisation comme philosophie de base de la formation du citoyen. La refonte des programmes d’enseignements de l’éducation de base entrés en vigueur pour le compte de cette rentrée 2018/2019 selon les commentaires aurait pour philosophie de base l’autonomisation de l’apprenant. Les œuvres scolaires confessionnelles protestantes du Cameroun membres du Réseau Ecole et Développement (RED) de la décennie 1990 devront se sentir flattées. Le concept pédagogique porté et préconisé par le RED, la pédagogie de libération, pédagogie de l’autonomie, qui se trouve entièrement adopté par le ministère de l’éducation de base au Cameroun. Dans le cas de l’œuvre scolaire de l’EELC, cette nouvelle donne ne devrait nous laisser indifférents, nous les acteurs de cette œuvre. Nous pensons que l’heure est venue de négocier un nouveau départ pour l’œuvre scolaire de l’EELC qui rompt avec la situation de crise endémique de financement, de management et de spiritualité. C’est avec ce background, cet arrière-fond, qu’il faut comprendre et apprécier le concept de la nouvelle école de l’EELC, une école de qualité, une école compétitive.
II – Les implications et les modalités de mise en œuvre de la nouvelle école
Au risque de voir le concept de la nouvelle école de l’EELC demeurer un vœu pieux traduisant des belles intentions sans réalisation, des modalités de sa mise en œuvre sont proposées ci-après. Ces modalités se déclinent en deux paramètres complémentaires : les implications de la réalisation de la nouvelle école et les modalités pratiques de mise en œuvre de cette nouvelle école.
A – Les implications de réalisation de la nouvelle école
Les implications sont ici les paramètres en prendre en compte, les conditions nécessaires, pour la réalisation de la nouvelle école. Nous en proposons cinq dont le choix se trouve orienté ou dicté par le diagnostic de la situation actuelle de l’œuvre scolaire. Cependant, les cinq points d’implications ne sont pas limitatifs.
1 – « Vers une nouvelle école de l’EELC,…» appelle une organisation administrative, pédagogique et financière rénovée et renforcée :
Au plan administratif, il est question de s’assurer que nous fonctionnons conformément au cadre règlementaire fixé par l’Etat camerounais (cf. aux textes régissant les différents ordres des établissements scolaires en général et ceux de l’enseignement privé en particulier). Le respect de la législation scolaire constitue un bon témoignage chrétien de la part de l’Eglise et de ses œuvres. Les dirigeants de l’œuvre scolaire devront veiller à ce qu’aucun acteur ou intervenant sur les questions scolaires n’ignore les dispositions fondamentales de la législation scolaire.
Au plan interne à l’EELC, il est question de s’assurer que les textes organiques et fonctionnels (statuts et règlement intérieur de l’œuvre scolaire et également les règlements intérieurs des établissements) sont à jour et revêtus ou estampillés des cachets conformes. Pour cela, le Secrétaire à l’éducation et son staff voudront accélérer le travail de relecture des statuts demandé par le Conseil d’Administration. De même, il faut vérifier que les règlements intérieurs du Collège protestant de Ngaoundéré et du Collège Protestant Polyvalent de Garoua-Boulai ainsi que des établissements primaires existent et sont conformes.
Toujours dans ce chapitre administratif, il est question de revisiter tous les documents de gestion produits et qui ne sont points suivis et appliqués (procédures de gestion administrative, financière et comptable, etc.). Le Secrétaire à l’éducation et toute la chaine de management devront prendre des engagements devant le conseil d’administration d’utiliser les outils de gestion existants ou en élaboration.
Au plan financier, il est question de s’assurer que les outils de gestion tels que les budgets des établissements scolaires et de tous les postes de gestion sont élaborés conformément aux principes et règles de l’art. Les budgets ne devraient plus être élaborés par pur formalisme. Les budgets de tous les établissements devront être élaborés et soumis impérativement au Conseil d’Administration préparant la rentrée scolaire 2018/2019. Une attention particulière devra être portée sur les écoles désignées pilotes notamment les écoles urbaines de la ville de Ngaoundéré
Le Secrétaire à l’éducation et son staff technique devront veiller conformément aux textes régissant l’enseignent privé au Cameroun que les dispositions en matière de gestion administrative, pédagogique et financière sont appliquées et respectées. Des mécanismes de gestion transparents devront permettre de suivre et d’apprécier que la gestion soit saine et conforme aux objectifs/missions établis par les instances décisionnelles, ici le CA et plus haut le CS.
Au plan pédagogique, le concept de « l’école nouvelle, l’école meilleure, l’école compétitive » repose sur un corps d’enseignants compétents et dynamiques. En attendant la mise sur pied d’un dispositif de formation et de remise à niveau des enseignants, il est question de s’assurer que les affectations, les nominations des enseignants obéissent à des critères d’efficacité et de performance recherchée. Il est question de s’assurer que le système d’encadrement pédagogique actuel des enseignants et des directeurs soit efficace.
2 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » appelle un climat social apaisé.
Les problèmes sociaux sont identifiés, traités avec courage, détermination et responsabilité : une plateforme de négociation devant aboutir à un ou des accords avec les parties intéressées (enseignants, fisc, CNPS, etc.). Les dossiers suivants devront s’inscrire dans l’ordre de priorité des questions urgentes à traiter :
– Situation des enseignants retraités ;
– L’état d’arriérés des enseignants ;
– Les dettes d’impôt et de CNPS ;
– Les contentieux en cours ;
– La politique salariale harmonisée et tenant compte des ressources disponibles et mobilisables.
3 – « Vers une nouvelle école de l’EELC» est un concept axé sur une pédagogie de l’autonomie, de développement.
Le concept Use Your Talents vient à point nommé et s’inscrit en continuité des approches pédagogiques déjà expérimentées par certaines écoles de l’EELC : pédagogie de libération ; approche école intégrée au milieu. Pour s’en convaincre, déclinons les caractéristiques de l’approche Use Your Talents telles que présentée dans le document de projet III (Use Your Talents Innovation Project 2017 – 2019).
– Commencer ou compter sur les ressources disponibles.
– Les membres de la communauté (intéressée par l’action) sont les véritables acteurs ; ils prennent l’initiative, ils invitent les gens à participer, ils coopèrent avec les autres et organisent le travail ou l’action.
– Le travail intégré. Le travail pour le développement est une composante de la vie communautaire (ecclésiale ou communauté villageoise). Il est intégré à la vie de la communauté.
– Le volontariat est un principe de règle. C’est à l’exemple des membres de la congrégation qui adhèrent à une chorale, à des activités dans la congrégation, etc.
– Travail en réseau. Il mobilise ou commence avec les expériences personnelles ou des personnes. Il met en œuvre l’apprentissage mutuel.
– Durabilité ou pérennité. Le volontariat constitue le principe de base de cette approche, la dépendance ne peut s’y développer.
– Appropriation est l’élément central, la philosophie de base de l’approche UYT. Le développement commence lorsque les femmes et les hommes se tiennent ensemble et s’organisent ; ils créent les possibilités d’impact et de changement.
La plupart d’éléments caractéristiques de l’approche UYT sont également les éléments caractéristiques de la pédagogie de libération version RED ou EIM.
4 – « Vers une nouvelle école de l’EELC» appelle la mise sur pied d’un laboratoire de recherche et de rénovation pédagogique.
Ce laboratoire dont le format est en cours de conception sera au service des enseignants, des formateurs et de la communauté éducative en général et des acteurs de la nouvelle école de l’EELC en particulier. Le document de projet est en cours d’élaboration par un consultant
5 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » implique des performances en apprentissages et vise des réussites.
Ces implications et modalités de performances gages de réussites sont en étude et seront déclinées avant la rentrée scolaire ou tout au long du premier trimestre. Le document de projet est en cours de réalisation
B – Les modalités de mise en œuvre de la nouvelle école
6 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » procédera au début par des écoles pilotes.
Les écoles de la ville de Ngaoundéré par leur proximité avec la cellule de coordination de « Vers une nouvelle école de l’EELC » sont pressenties (écoles primaires, maternelles, le Colpro). Les modalités d’être des écoles pilotes du concept« Vers une nouvelle école de l’EELC » sont en cours d’élaboration.
7 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » appelle un dispositif de suivi-évaluation devant être opérationnel pour accompagner les écoles pilotes désignées.
Ce dispositif est en cours d’élaboration.
8 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » constitue les termes de références pour la préparation de la rentrée scolaire 2018/2019.
Le déploiement du personnel devra en tenir compte afin d’assurer effectivement et efficacement le démarrage des écoles pilotes.
9 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » appelle la tenue d’un séminaire-atelier d’introduction d’explication du concept slogan en question. Ce Séminaire-atelier regroupera les acteurs clés impliqués dans la mise en œuvre du concept « Vers une nouvelle école de l’EELC ».
Dégager conséquemment un budget pour le séminaire-atelier qui sera animé/facilité par un consultant imprégné par le concept à mettre en œuvre. Entre autres contenus, les modalités pratiques de démarrage de la rentrée scolaire seront arrêtées ; le dispositif du suivi-évaluation sera communiqué aux acteurs intéressés.
10 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » influencera le travail d’élaboration du plan stratégique ou de développement de l’œuvre scolaire déjà programmé.
Les idées développées dans ce document dévoilant le concept de l’école nouvelle de l’EELC renferment déjà des lignes directrices du plan stratégique ou de développement de l’œuvre scolaire.
11 – « Vers une nouvelle école de l’EELC » dont les lignes directrices et quelques principes d’intentions sont précédemment déclinés est à cette phase un document de travail, un draft.
Ce document de travail une fois finalisé sera soumis à l’Evêque National et au BE afin de requérir leurs avis et adhésion. Le document sera également soumis au Conseil d’Administration de l’œuvre scolaire pour validation et mise en œuvre.
Paul SALATOU, Consultant
Enseignant à l’Université de Maroua

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