Use Your Talents. Enseignement de l'Evêque National sur ETRE EGLISE DANS LE MONDE

Use Your Talents. Enseignement de l'Evêque National sur ETRE EGLISE DANS LE MONDE

ETRE EGLISE DANS LE MONDE

Introduction

L’Eglise a une dimension universelle ; elle est appelée et envoyée dans le monde pour transformer le monde. Ayant une dimension universelle, l’Eglise devient forcement un espace de la vie publique. Il nous a été demandé de parler du fait « d’être Chrétien dans le monde. » Notre première préoccupation consistera à saisir clairement ce qu’on entend par le terme « monde. » En clair qu’est ce que le monde et comment être Chrétien dans ce monde ?

I. Qu’est ce que le monde ?

« Qu’est ce que le monde ? » Cette question est très importante et mérite d’être prise au sérieux. Nous allons d’abord limiter notre étude sur le terme « monde » selon la Bible avant de revenir sur le thème « Being the Church in the world », « Etre Eglise dans le monde. ». Dans l’Evangile de Jn 3 :16-17, nous lisons : « Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas donné son fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. »
Dans ce morceau connu de tous comme la petite Bible, le terme ‘monde’ est apparu quatre fois. Ici, le monde signifie l’ensemble de l’humanité. Le salut est pour les individus qui expriment leur foi au fils unique de Dieu. Le monde dans ce contexte veut dire l’ensemble des être humains, mais désigne aussi la terre avec tout ce qu’elle contient car le salut n’est pas seulement pour l’humanité, mais pour toutes créatures (Rom 8 :19-22).
Mais une autre signification, toujours dans l’Evangile de Jean, donne encore une définition du mot monde. Dans Jn 1 :9 il est écrit : « Cette lumière était la seule lumière véritable, celle qui vient dans le monde et qui éclaire tous les hommes. »
Ici le monde est le lieu où vient s’installer la lumière. Un examen approprié donne lieu à identifier le monde comme l’ensemble de la terre habitée. Habitée par les hommes, habitée par les arbres, les poissons, les eaux et tout ce qui existe.
Nous trouvons une autre signification dans le même Evangile au chap. 8 :23 où il est écrit : « Jésus leur répondit : « vous êtes d’en bas, mais moi je viens d’en haut. Vous appartenez à ce monde ; mais moi je n’appartiens pas à ce monde. » Le terme monde signifie l’ensemble des hommes qui ne croient pas que Jésus est le fils de Dieu.
Dans les autres livres de la Bible, nous retrouvons les trois différentes significations du mot monde. Mais à cela s’ajoutent autres définitions. Dans les épitres de Paul, le monde signifie aussi l’ensemble des systèmes qui régissent les affaires du monde, notamment le système politique, économique, social, militaire et que savons-nous encore.
L’apôtre Paul va plus loin en parlant du ‘monde céleste’ qui est le domaine ‘du chef de la puissance spirituelle de l’espace’ parlant ainsi de l’esprit qui domine ceux qui s’opposent à Dieu (Eph 2 :2 ) ; il parlera par la suite des puissances spirituelles mauvaises du monde céleste (Eph 6 :12).
En résumé, le monde revêt plusieurs définitions. Le monde signifie la terre habitée ; le monde désigne l’ensemble des êtres humains ; il désigne aussi les individus qui refusent de connaitre le Christ comme le fils de Dieu ; il désigne ensuite l’ensemble des différents systèmes et l’espace céleste occupé par les mauvaises puissances spirituelles. Il désigne enfin la terre. Dans quel monde l’Eglise doit-elle être ?

II. L’Eglise et le monde

L’Eglise est Eglise sur la terre, c.à.d. dans le monde avec toutes ces différentes significations. L’Eglise ne peut être hors du monde avec tous ses systèmes. L’Eglise est la lumière et le sel de la terre. Jésus priant pour ses disciples en Jn 17 :15, disait à son Père de ne pas les enlever du monde.
Etre Eglise dans le monde voudrait signifier la déclinaison de sa propre identité dans l’espace qu’on occupe. Malgré la diversité des membres de l’Eglise, celle-ci trouve l’espace nécessaire à parler du monde. L’Eglise, malgré sa diversité en termes d’âge, de genre, de race, d’ethnicité, d’éducation, de position sociale…est en constante communication avec le monde.
L’Eglise, dans le monde, a un espace visible. Il s’agit de l’église en tant que lieu du culte où l’on prêche, administre les sacrements et parle du monde collectivement. Etre Eglise dans le monde veut dire partager les problèmes et la joie du monde.
Les problèmes du monde sont de différentes natures, entre autres, la guerre, la domination, l’exploitation de l’homme par l’homme, le réchauffement climatique, la pauvreté, la famine, les esprits mauvais qui ne cessent de traumatiser le monde avec ses systèmes, l’injustice sociale, la violence…
L’Eglise partage aussi la joie du monde qu’exprime le sport, les nouvelles technologies, la communication rapide par téléphone, faxe, bref par les réseaux sociaux…
* Cependant en étant du milieu du monde, l’Eglise trouve de l’espace pour s’adresser aux problèmes du monde. A l’Est Cameroun par exemple, à l’Extrême-Nord Cameroun, dans les Régions Nord-Ouest et Sud –Ouest Cameroun, il y a des déplacés à cause des conflits qui prennent l’allure des guerres. Il y a plusieurs milliers des déplacés Nigérians et Centrafricains qui vivent en terre Camerounaise. Il y a plus de 17.000 déplacés internes à cause de la crise anglophone. C’est dans ces crises que l’Eglise trouve l’occasion de s’adresser aux problèmes issus du système politique. Dans les crises que traverse le Cameroun, les communautés religieuses, Eglises membres du CEPCA, Eglise Catholique et la communauté musulmane se mobilisent pour s’adresser à la politique en vue de la paix. L’Eglise est interpelée à mener une action d’entraide pour témoigner sa foi et son amour afin de donner vie et espoir aux êtres humains en situations critiques.
* L’Eglise est appelée par la suite, dans ses prêches à guérir le monde dans ses multiples blessures. Etre Eglise dans le monde implique des actions dynamiques dans les espaces où le bien-être de tous est menacé. L’Eglise doit militer pour des causes justes et communes. Selon la FLM, L’Eglise doit participer à la mission divine qui apporte la vie en abondance à tous. L’Eglise deviendra fade et ténébreuse si jamais elle s’isole pour fuir les problèmes du monde. Elle est en perpétuelle combat puisqu’elle doit lutter contre les ruses du Diable, les puissances spirituelles mauvaises du monde céleste, les autorités, les pouvoirs, les maitres du monde obscure (Eph 6 :12).
* L’une de grande préoccupation de l’Eglise est celle de la sauvegarde de la nature. D’après Gen 2 :15, Dieu a placé l’homme dans le jardin pour le cultiver et pour le garder. La création de Dieu est entrain de subir des menaces. Le climat chauffe. Ce réchauffement climatique touche surtout les pays pauvres, les femmes et les enfants vulnérables. Comme on le dit souvent, à crise global, solution globale. L’Eglise a son mot à dire face à cette menace. Des actions comme reboisement et plaidoyers doivent être entreprises pour solutionner la menace.
* Le tribalisme, l’ethnicité, le racisme ne sont pas du reste. L’Eglise a un mandat d’aller partout dans le monde afin de faire des nations, des disciples de Christ (Math 28 :18-20). L’Eglise est, certes en route, mais fait face au racisme, au tribalisme et autres discriminations. Elle doit s’engager encore à briser ces barrières afin de former une famille où tout le monde a sa place.
* Enfin, être Eglise dans le monde, c’est aussi tenir compte du genre. L’Africain a la tête dure de comprendre ce phénomène du genre. Dans la société traditionnelle africaine, la femme occupait le second rang dans plusieurs domaines. Son rôle était limité dans la cuisine et la procréation. Raison pour laquelle la Région de l’Adamaoua est restée en retard sur la scolarisation des jeunes filles. Le monde a changé et nous devons donner à la femme la place qui lui revient. La femme aussi doit éviter le libéralisme et la violence afin de garantir cette nouvelle relation. Mais comment l’Eglise doit se manifester au monde concrètement ?

III. L’Eglise et la mobilisation des talents : Math 25 :14-31

Cette parabole de talents très célèbre dans Math 25 :14-31 entre dans le contexte du royaume de Dieu. Il est question d’un homme qui donna à ses serviteurs des talents selon leur capacité avant de partir en voyage. Deux ont mis leurs talents en valeur et l’un en a enterré; de son retour, il récompensa les deux qui ont mis en valeur leurs talents ; ils ont été bons et fidèles ; mais il sanctionna celui qui a eu peur et qui a enterré son talent. Il est mauvais et infidèle.
De manière concrète, le talent était une unité de mesure d’argent ou du poids dans l’antiquité. L’histoire des talents contient deux idées : le côté concret et le côté abstrait.
De manière concrète, l’homme qui a remis des talents aux serviteurs c’est Jésus. Les serviteurs sont ses disciples dont toi et moi aujourd’hui.
Par extension, et de façon abstraite, les talents désignent les qualités naturelles innées ou acquises tels que les dons, l’aptitude, l’habileté, la compétence, le savoir-faire dans un domaine… Plus loin encore, les talents peuvent signifier nos biens tels que nos maisons, nos terres, nos relations humaines notre argent et autres choses qu’il faut mettre en valeur. Il est vrai que certains auteurs font la différence entre le talent et le don. Ils pensent que le talent est une aptitude naturelle donnée par Dieu aux non-croyants et les croyants tant disque le don spirituel est donné par Dieu au nom de Jésus aux enfants de Dieu. En tout cas, pour le moment nous prenons les deux termes comme étant la même chose.
Sur le plan purement spirituel, les talents sont aussi considérés comme les richesses spirituelles que le Christ nous a données. Entre autre, peut-on citer : sa parole déposée dans la Bible, les sacrements tels que le baptême dans lequel nous sommes lavés, justifiés et sanctifiés ; la Cène où nous sommes unis au Christ ; la prière à l’exemple de « notre Père » ; l’évangélisation qui est la grande commission où Christ lui-même nous envoie auprès des nations…
Ce sont ces trésors que Christ nous a confiés et nous demande de faire valoir car il y aura un compte à rendre. L’Eglise est soumise à une grande mission d’utiliser ses capacités spirituelles et physiques, ses avoirs pour accomplir fidèlement cette tâche d’être dans le monde. Tout ce que l’Eglise a appartient à Christ : de manière concrète, argent, terres, maisons, dons spirituels… viennent de Christ. C’est lui qui les a donnés à l’Eglise avant de partir. Il reviendra pour demander le compte rendu. Ceux qui ont mis leurs talents en valeur seront qualifiés de bons et fidèles serviteurs. Ceux qui ne l’ont pas fait seront qualifiés de mauvais serviteurs et infidèles. Mais comment donc allons nous fructifier nos talents ?
Le rôle principal de l’Eglise dans sa mission dans le monde consiste à mobiliser les talents des Chrétiens en vue de les engager dans le service de bien être commun dans le monde. Etre Eglise dans le monde voudrait dire mener les actions qui peuvent transformer le monde. Mais l’Eglise a des difficultés auxquelles elle fait face.

IV. Les défis

Dans sa prière pour ses disciples, Jésus demande à son Père de « préserver ses disciples du mal. » Le premier défit de l’Eglise dans sa mission dans le monde s’exprime en termes de mal. L’Eglise a à éviter le mal qui peut la contaminer. Il faut remarquer qu’il y a trop de choses du monde dans l’Eglise et très peu de l’Eglise dans le monde.
L’autre défit auquel l’Eglise fait face est celui de l’intolérance religieuse. L’Eglise peut bien avoir la bonne volonté de conduire sa mission dans le monde pour le bien-être de tous. Mais d’autres courants religieux peuvent devenir obstacles probablement à cause de la doctrine et autres choses telle que nous les vivons à l’Extrême Nord.
Le plus grand défit de l’Eglise dans sa mission dans le monde est celui lancé contre elle par les différents systèmes qui règlent les affaires de l’humanité. Nous voulons parler des ONG qui, avec leurs principes limitent les espaces d’actions de l’Eglise au point de la phagocyter. L’Eglise risque être réduite en une ONG.
Aussi les différents systèmes avec leur loi au niveau politique, économique et social peuvent freiner la mission de l’Eglise qui recrute ses adhérents de ces systèmes. La dynamique manipulation et domination du système économique tenu par les ‘having’ peuvent étouffer la voix de l’Eglise pauvre surtout en terre africaine où la dépendance économique est grande. L’Eglise pauvre voit sa mission bloquée par les grandes idéologies venant du monde.
Le dernier défi de l’Eglise en mission dans le monde est celui de la perte d’essence même de celle-ci. Les pays riches ont autres préoccupations et deviennent de plus en plus sécularisés. La foi de l’Eglise est en perte de vitesse au profit du profanatisme. Etre Eglise dans le monde présente assez de défit. Il faut pourtant avancer.

Conclusion

Le monde présente plusieurs visages quand il faut parler de l’être de l’Eglise dans le monde. Malgré ces multiples facettes du monde, l’Eglise n’existe que dans le monde pour ne pas être du monde. Sa mission consiste à pénétrer les différents systèmes du monde pour les transformer en espaces où le dialogue pour le bien être de tous est prioritaire. L’Eglise est interpelée à répondre aux besoins humanitaires, environnemental, politique et économique du monde en mobilisant et en orientant les différents talents de ses membres. Mais elle doit se rappeler des multiples défis auxquels elle fait face.
Mgr Dr Ruben Ngozo
Evêque National de l’EELC
Professeur de Grec et Nouveau Testament
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