L’importance de l’Education environnementale dans les Ecoles de l’EELC : formations biblique et Théologique, enseignement secondaire, primaire et maternelle, mouvements.

L’importance de l’Education environnementale dans les Ecoles de l’EELC : formations biblique et Théologique, enseignement secondaire, primaire et maternelle, mouvements.

Présentation 1 : L’importance de l’Education environnementale dans les Ecoles de l’EELC : formations biblique et Théologique, enseignement secondaire, primaire et maternelle, mouvements.

Plan
Introduction
I. Éclaircissement sur la notion d’environnement ;
II. Importance de l’éducation environnementale dans les écoles de l’EELC ;
III. Présentation du cadre pratique d’enseignement ;
1. Ecoles maternelles ;
2. Ecoles primaires et secondaires ;
3. Ecoles bibliques et théologiques ;
4. Ecoles de dimanche et mouvements (JEELC et FPC).
Conclusion


INTRODUCTION
1) Contexte
Le monde est en proie à des phénomènes de sécheresse, de désertification, d’inondations, de réchauffement climatique de tous genres dont les conséquences sont désastreuses pour les êtres humains, la flore et la faune.
Conscient du phénomène, le contexte international est de plus en plus favorable à la prise en compte de l’environnement : conservation de la biodiversité, adaptation aux changements climatiques, lutte contre la pollution du cadre de vie et la dégradation des ressources naturelles de base dans les actions de développement socio-économique des pays. L’environnement est soumis à de nombreuses pressions croissantes dans les différents secteurs de développement dont les plus importants sont les secteurs de l’agriculture, l’élevage, la foresterie et l’énergie consommée pour le transport, les industries et la satisfaction des besoins domestiques.
Ces activités sont amplifiées par la forte croissance démographique du pays et la faiblesse des moyens économiques des populations et de leur forte dépendance par rapport aux ressources naturelles. Les facteurs et sources des pressions sur l’environnement sont essentiellement de deux types: les facteurs et sources de pressions d’origine anthropique et les facteurs et sources de pressions d’origine climatique.
Le pays est confronté à une dynamique accélérée de dégradation des sols, de dégradation du couvert végétal et de déforestation, l’érosion de son patrimoine en biodiversité et le développement accéléré des problèmes d’environnement urbain.
Le défi à relever consiste donc à opérer des changements profonds de comportement, de pratiques, de démarches, de sensibilisation auprès des acteurs nationaux aux préoccupations et contraintes diverses. Dans ce sens, des initiatives et stratégies de développement mises en œuvre par les autorités camerounaises depuis plusieurs années ont pris en compte la plupart des problèmes évoqués tant pour accroitre la production, que pour améliorer les conditions de vie des populations et combattre les facteurs de dégradation des ressources naturelles.
2) Brève présentation du projet Environnement de l’EELC
L’Eglise évangélique luthérienne du Cameroun (EELC) a saisi l’opportunité offerte par ses textes organiques dans l’article 4 alinéa 5 de la constitution qui stipule que « la sauvegarde de l’intégrité de la création est un mandat pour tous les chrétiens » pour créer en 2015 le Projet Environnement intitulé «Sensibilisation aux changements climatiques et lutte contre la désertification dans le Grand Nord du Cameroun». En partenariat avec la Norwegian Mission Society (NMS) sous l’égide de l’organisation gouvernementale DIGNI, la phase pilote de trois ans 2015-2017 a été mise en œuvre dans cinq (05) districts cibles de l’EELC à savoir Mbé, Gamba, Ngong, Garoua 1 et Maroua dans les régions administratives de l’Adamaoua, du Nord et de l’Extrême-Nord du Cameroun. Au cours de ces années, des activités de plaidoyer, de sensibilisation, de formation et de facilitation (reboisement, fabrication et utilisation de foyers améliorés) ont été menées au bénéfice des fidèles de l’EELC et des populations des districts ecclésiastiques pilotes avec une grande satisfaction.
Face doc aux nombreux défis liés au climat, le projet dans sa 2ème phase est mise en place pour répondre aux besoins des fidèles et populations dans les zones pilotes du projet. Le projet prétend s’étendre aux autres régions ecclésiastiques de l’EELC. Malheureusement, compte tenu de la réduction des activités de DIGNI au Cameroun, le projet s’est trouvé obligé de se focaliser dans les districts pilotes où le changement climatique et la désertification se posent avec beaucoup plus d’acuité. Ainsi, le projet compte couvrir tous les districts de la région Ecclésiastique du Nord et une partie de la région du Centre à savoir Mouvouldaye, Boukoula Touroua et Garoua 2 pour la région ecclésiastique Nord et Emmaüs (Wack) pour la région Centre. Toutefois, des réunions d’échange seront organisées au niveau central au bénéfice des leaders régionaux de l’EELC.
Dans le Document de Projet Environnement de l’EELC, le Bureau Exécutif, Coordination du Projet Environnement accorde une attention très particulière aux questions relatives à l’éducation environnementale des fidèles et populations de l’EELC. Il y affiche sa volonté de « contribuer à la lutte contre la déforestation, la désertification et de renforcer la résiliente des populations face aux chocs et stresses climatiques » avec pour objectifs «Contribuer à la consolidation des acquis de la phase pilote, en développant la prise de conscience et aider à renforcer la résilience des fidèles et populations des districts ecclésiastiques cibles de l’EELC face aux chocs et stress climatiques d’ici 2022».
L’un des objectifs spécifiques qui nous réunit ici aujourd’hui est celui « d’Accroître l’information, l’éducation et la communication environnementale parmi les populations et les fidèles des dix districts ecclésiastiques pilotes aux enjeux du changement climatique pour un changement de comportement d’ici 2022 ».
Par où commencer ? La protection de l’environnement ou encore la sauvegarde de la création paraît bien difficile à concrétiser ! Et les atermoiements renforcent encore cette impression tant au niveau de l’agir local que du changer personnellement. À la fois pressant, complexe et encore si flou, la protection de l’environnement s’impose à beaucoup comme un réel changement de paradigme face auquel la sensibilisation, l’éducation et la formation constituent d’importants leviers de changement. Distillées au sein de presque tout le document de la Vision quadriennale 2015-2017 de l’Evêque National, ces trois notions font par ailleurs l’objet d’un programme spécifique du plan d’actions opérationnel du projet.
Qu’en est-il toutefois au niveau local (Congrégations et Institutions) ? Agissent-elles réellement avec cette force de levier escomptée ? Voilà quelques questions qui balisent la réflexion qui suit et qui se place dans le contexte de la mise en œuvre de la protection de l’environnement au sein de l’EELC : au niveau des institutions, dans les régions, dans les districts et enfin dans les congrégations avec quelques éclairages venant du côté de la Fédération Luthérienne Mondiale ou d’autres partenaires ; la NMS et le gouvernement Camerounais qui ont fait de la lutte contre le changement climatique, leur priorité.
Déjà, pour répondre à ces défis, faudrait-il déjà comprendre la notion d’environnement.
I. Éclaircissement sur la notion d’environnement
Nous allons ici donner les définitions, son étymologie, l’évolution de la perception qu’ont les gens aujourd’hui de ce terme et ses limites.
1) Définitions
L’environnement est tout ce qui nous entoure. C’est l’ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à prendre une dimension de plus en plus mondiale.
Lorsque l’on évoque notre perception de l’environnement (social, écologique, politique,…) on doit donc intégrer la dimension de la mondialisation, et penser à l’échelle du monde. A notre époque, l’environnement est perçu comme une matière à sculpter, un territoire à structurer, à ménager. Cette conception dérive d’une approche prométhéenne visant à affirmer la domination de l’homme sur la nature.
Face aux discours d’une écologie radicale souvent naïve et antihumaniste, l’approche instrumentale et cartésienne de l’environnement parait naturelle, fondée en raison et totalement adaptée aux nécessités économiques, industrielles, commerciales et financières de notre temps.
2) Étymologie
Étymologiquement parlant, le terme « environnement » trouve son origine dans le grec, le latin et le gaulois. Le terme environnement est polysémique, c’est-à-dire qu’il recouvre aujourd’hui de nombreuses acceptions. On doit distinguer l’évolution du mot (1) et l’évolution du sens (2).

(1) l’évolution du mot
En-viron-ne-ment vient du terme « virer » (tourner) qui trouve son origine dans le grec « gyros» (cercle, tour) puis dans sa transformation latine « gyrare » et « in gyrum » ; dans le latin « virare », « vibrare » (tournoyer); dans le gaulois « viria » (anneau, bracelet). Les trois origines se sont mélangées avec le temps.
De «virer », l’ancien français a fait « viron » signifiant « tour » ou «ronde ». Puis, le préfixe « en » a été ajouté à « viron » pour donner « environ » (entour, autour) (attesté en 1080) qui provient de la transformation de « in gyrum » et de « envirum » (attesté en 980). D’« environ » on a fait « environner » (faire le tour), attesté au XIIe siècle.
Environ au pluriel « environs » signifiait « alentours ». Puis « à l’entour » a pris la forme d’« environneement » avec deux « e » (attesté en 1154). Pour perdre son deuxième « e » et donner « environnement » (action d’environner, résultat de cette action) ou «environnements » (tours, contours, circuits, voire détours), attesté du XIIIe siècle au XVIe siècle.
(2) l’évolution du sens
Durant toute cette évolution étymologique, de virer, viron, environ, environner, environneement,
environnement, environment, le radical « vir » a toujours signifié la forme du « tour » et de l’« arrondi », qui a donné entour, autour, contours, et par extension « tous les contours » voire l’« ensemble des contours ».
Aujourd’hui la définition d’« environnement » traduit encore cette idée de « tour », d’« entour », d’« alentours », d’« autour ». Le « ce qui est autour », le « ce qui fait le tour », le « ce qui forme le tour » et le « ce qui est dans l’entour » traduisent bien le concept de « milieu » à l’échelle locale et le concept de « géosphère », « biosphère », d’« écosphère » et de « technosphère » à l’échelle globale. On peut donc remarquer que du simple « mouvement » (tourner, tournoyer, faire le tour), à la simple « forme » (entour, contours, anneau) qui traduirait davantage un « contenant », le terme d’« environnement » a peu à peu désigné non seulement le mouvement et le contenant, mais aussi le « contenu ». Le terme anglo-américain « environment » est directement tiré du vieux français « environnement ».
Le terme français « environnement » a été traduit en latin depuis cinq siècles déjà par Robert Estienne dans son dictionnaire Français-Latin en 1539 (p.183). On y lit textuellement « environnement: circundatio, circonscriptio terrae, stipatio ». L’histoire du mot et de ses sens peut donc remonter assez loin dans le temps. La première définition technique anglo-saxonne de « environment » est apparue dans les années 1920 : conditions naturelles (physiques, chimiques, biologiques) et culturelles (sociologiques) susceptibles d’agir sur tous les organismes vivants et les activités humaines. Puis l’utilisation du vocable « environnement » s’est développée à partir des années 1960 pour englober et signifier actuellement les ressources naturelles biotiques (faune, flore) et abiotiques (air, eau, sol) et leurs interactions réciproques, les aspects caractéristiques du paysage et les biens que composent l’héritage culturel.

Environnement
• L’environnement serait donc – à un moment donné – le milieu dans lequel l’individu et/ou le groupe évoluent, ce milieu incluant l’air, l’eau, le sol, leurs interfaces, les ressources naturelles, la faune, la flore, les champignons, les microbes et les êtres humains, les écosystèmes et la biosphère.
• D’un point de vue plus sociétal, l’Environnement est le milieu physique, construit, naturel et humain dans lequel un individu ou un groupe (une famille, un quartier, une société, une collectivité, une entreprise, Administration, etc.) fonctionne ; incluant l’air, l’eau, le sol, le sous-sol, la faune, la flore, les autres organismes vivants, les êtres humains et leurs inter-relations.
• Dans son acception la plus large et partagée, découlant de son étymologie, le mot Environnement évoque tout ce qui — à un moment donné — est « autour de nous ». Mais en réalité (sauf pour les virus non actifs), la limite physique entre l’individu et « ce qui est autour de lui » n’existe pas vraiment.
Deux exemples peuvent illustrer cette limite floue :
1. Notre peau semble être une barrière matérielle susceptible d’être la limite entre notre milieu intérieur et « l’environnement » extérieur. Pourtant, à chaque inspiration, l’air de notre environnement entre en nous, perd de l’oxygène et ressort enrichi en vapeur d’eau et en gaz carbonique qui viennent de l’intérieur de nous-mêmes. Certaines des molécules d’oxygène absorbées vont être incluses dans notre organisme. D’autres seront rejetées sous forme de CO2. Il en va de même pour l’alimentation et l’excrétion, et plus subtilement pour les hormones absorbées ou émises par les plantes ou les animaux. Même notre ouïe et notre vision font « entrer » des informations environnementales (ondes et vibrations) en nous. Bien des ondes électromagnétiques nous traversent de part en part sans impact, d’autres le font avec plus d’impact. On comprend ici que l’environnement influe sur les individus, espèces et processus qu’il inclut, mais qu’également, il est en permanence modifié par eux.
2. Ce n’est pas parce qu’il y a un sol qui leur permet de pousser qu’il y a des arbres dans une forêt. Les arbres ont aussi grandement contribué à produire et fixer le sol sur lequel ils vivent. Ce sol résulte pour l’essentiel de la décomposition de leurs feuilles ou aiguilles mortes, du bois mort, et des bactéries et champignons symbiotes ou des espèces qu’ils abritent. La terre et le paysage forestier ne sont pas que l’environnement des arbres, ils sont aussi leur production. Néanmoins, le concept est opérant, permettant notamment de désigner ce qu’il faut protéger autour de nous et des systèmes vivants qui nous entourent, pour que la vie puisse se perpétuer de manière optimale, pour que les ressources naturelles puissent se renouveler.
3) Évolution de la perception de l’environnement
• Depuis 100 ans, la perception individuelle et collective de l’environnement, comme celle du paysage a beaucoup évolué. On est passé d’un environnement plutôt local à un environnement planétaire. La télévision, les images de la conquête de l’espace, la vision concrète, photographique de la planète vue de la lune ou de satellites ont fortement élargi la perception que nous avons de notre environnement.
• On peut penser que pour un nombre croissant de gens :
o l’environnement tel que ressenti au quotidien est de moins en moins naturel ou rural et de plus en plus urbain, construit et contrôlé ;
o l’environnement est contrôlé par la collectivité, voire privatisé, mais agit de moins en moins pour l’individu qui le subit de plus en plus ;
o l’environnement est moins un objet naturel connu qu’on peut exploiter à merci comme le faisaient le chasseur-cueilleur puis l’agriculteur, le pêcheur, le forestier ou le mineur… Il faisait l’objet d’une exploitation directe par plus de 90 % des gens. il n’est plus exploité directement que par un faible pourcentage de la population (agriculteurs, pêcheurs, forestiers, exploitants miniers et carriers..). Il fait l’objet d’une exploitation indirecte et souvent délocalisée, moins facile à percevoir ;
o l’environnement est de plus en plus perçu comme une ressource finie, qu’on ne considère plus comme inépuisable ou renouvelable à l’infini ;
o l’environnement est un bien commun, que nous avons le devoir de léguer aux générations futures (cf. concepts de développement durable, soutenable ou de décroissance conviviale).
4) Limites spatio-temporelles
 Le concept est d’abord spatial, mais chacun comprend intuitivement que l’environnement résulte aussi de la longue histoire de la co-évolution des espèces sur la planète. Pour parler de l’environnement « préhistorique », on parle de paléo-environnement. Sa compréhension est utile pour comprendre par exemple les conséquences de la régression de la biodiversité ou des modifications climatiques.
 L’environnement est « global » ; à la fois proche et global, et sur la terre, l’environnement proche et global est modifié en permanence par les êtres qui y vivent, les processus qui s’y déroulent et des influences externes (l’activité solaire, etc.). Pour une échelle géographique et à un moment donné, il regroupe l’ensemble des facteurs abiotiques (physiques, chimiques) et biotiques biologiques, écologique et sociaux susceptibles d’avoir un effet direct ou indirect, immédiat ou différé (futur) sur les êtres vivants, les processus écologiques, éco-paysagers et les activités humaines et la qualité de vie.
En réalité, le sens du mot varie aussi selon la culture et la catégorie socio-professionnelle de celui qui l’emploie. Ainsi, un industriel verra d’abord dans le terme environnement une référence à « pollution », alors qu’un cadre pensera plutôt « cadre de vie », qu’un artisan ou commerçant pensera « ville », pendant qu’un agriculteur imaginera « voisinage », et un employé « Nature ». Une grande administration (région, département) pensera écosystème, écologie du paysage, Trame verte, alors qu’une petite commune verra la question de la gestion de l’eau et des déchets, ou des nuisances sonores ou de voisinage, ou des espaces verts »… là où le sociologue évoquera l’environnement familial ou de travail…
Le terme environnement est pour ces raisons contesté par la majorité des écologistes et écologues, qui y voient notamment une connotation trop anthropocentriste. Ils parleront plutôt par exemple : d’écosystèmes, de biomes, de biogéographie, de biosphère, voire de symbiosphère.
Nous aborderons maintenant l’importance de l’éducation relative à l’environnement.

II. Importance de l’éducation environnementale dans les écoles de l’EELC
Pour Cornet (1998), l’issue passe d’abord et avant tout par une bonne formation de base en sciences humaines : « Pour éduquer aux médias, à la citoyenneté responsable, au développement solidaire et durable, à l’environnement, à l’interculturel, … il ne faut surtout pas éduquer aux médias, à la citoyenneté responsable, au développement solidaire et durable, à l’environnement, à l’interculturel, … mais il faut deux heures de sciences humaines intégrées minimum par semaine de la maternelle au supérieur, avec des enseignants formés à la didactique des sciences humaines. ».

Sans pour autant sous-estimer l’importance d’autres éléments, on peut dire que les possibilités d’intégration de l’éducation relative à l’environnement dans les programmes d’éducation formelle et non formelle et la mise en œuvre de ces derniers dépendent essentiellement de la formation du personnel chargé de l’application des programmes. Il est évident que les meilleurs programmes d’études et le meilleur matériel pédagogique ne peuvent avoir l’effet désiré si ceux qui en ont la charge n’ont pas assimilé les objectifs d’une éducation relative à l’environnement et s’ils ne sont pas capables de conduire l’apprentissage et les expériences qu’elle comporte, ni d’utiliser avec efficacité le matériel à leur disposition. Il faut donc élaborer des programmes pour la formation du personnel responsable de l’éducation, puis préparer ce personnel à inclure l’éducation relative à l’environnement dans ses activités.
A cet effet, il pourra être nécessaire d’entreprendre dans certains cas une révision globale du contenu des programmes de formation et de recyclage des éducateurs, des administrateurs et des planificateurs de l’éducation. Sans doute ne s’agit-il pas de former « spécialistes » en éducation relative à l’environnement, mais de donner aux éducateurs, à quelque niveau que ce soit et dans tous les secteurs de l’éducation, les compétences nécessaires pour définir des contenus et des expériences éducatives sur l’environnement et ses problèmes. En d’autres termes, il faut renforcer les programmes ordinaires de formation et de recyclage du personnel enseignant pour mettre celui-ci en mesure d’inclure dans ses activités pédagogiques une composante relative à l’environnement. Cette formation pourra s’articuler selon les phases suivantes : tout d’abord, une formation initiale liée à la formation ensuite une formation interdisciplinaire avec une dominante thématique (par exemple, utilisation de ressources naturelles, aménagement urbain, pollutions, alimentation, hygiène et santé, etc.), orientée vers l’acquisition de connaissances et de démarches en rapport avec l’action concrète et la communauté. Cette formation ou ce recyclage du personnel devrait s’opérer dans deux directions principales. Tout d’abord, il faut susciter chez les éducateurs une prise de conscience des problèmes de l’environnement dans le contexte du développement humain en général et du développement socio-économique national. Ensuite, il faut inculquer des attitudes et des compétences permettant à l’éducateur d’établir un dialogue interdisciplinaire. Dans ce but, la multiplication des séminaires ou ateliers de travail, des cours généraux et des activités pratiques sur le terrain associant des enseignants de différentes disciplines paraît indispensable.
Cette formation des éducateurs rendra souvent nécessaire une réorientation des pratiques pédagogiques habituelles. En effet, les enseignants et futurs enseignants ne devront plus être les simples exécutants d’instructions formulées par d’autres. Chercheurs et praticiens devront concourir en commun à la transformation des pratiques éducatives. Une formation ne saurait se limiter à une information des enseignants par des formateurs, coupés les uns des autres et coupés des réalités sociales.
Dès la formation initiale, il faudra tourner le dos à la fois aux stages de recyclage théorique (faits de conférences et de cours magistraux) et aux stages dits pratiques (faits de recettes) pour constituer des équipes interdisciplinaires de formateurs et organiser des stages centrés sur une analyse cohérente de situations concrètes. Dans cette optique, un autre facteur essentiel propre à assurer la formation adéquate des enseignants sera leur participation, avec d’autres groupes socio- professionnels, à des actions précises visant à la préservation et l’amélioration de l’environnement. Les éducateurs sont, en effet, appelés à jouer un rôle décisif dans la prévention et la solution des problèmes de l’environnement, et ce non seulement par leurs activités éducatives, mais également par leur participation à l’élaboration et à l’exécution des stratégies relatives à l’environnement. Cette double fonction de l’Éducation lui confère une grande importance sociale, mais aussi une grande responsabilité. Le développement de l’éducation relative à l’environnement nécessite aussi la formation de personnel chargé des tâches de direction, inspection et planification de l’éducation, c’est, en effet, à ce type de personnel qu’il appartiendra de prendre les décisions, de coordonner et d’orienter les activités éducatives concernant l’environnement au niveau national, régional et local.
Cette formation implique donc l’élaboration de guides pédagogiques, de bibliographies et d’un matériel pédagogique diversifié qui soutiendront les éducateurs dans leur action. C’est dans ce but qu’a été conçu ce
Projet d’introduction des modules relative à l’environnement. Aussi n’est-il pas un guide de recettes éducatives devant être appliquées à la lettre mais plutôt un inventaire de possibilités pour une éducation relative à l’environnement.

III. Présentation du cadre pratique d’enseignement
Nous avons, en effet, choisi de présenter des instruments pour la réflexion et la formation pédagogique, et non des séquences à utiliser telles quelles par les enseignants. Ce choix s’explique : l’environnement est avant tout affaire d’occasion et de particularité locale et l’éducation relative à cet environnement doit avoir une relation étroite avec l’actualité et la réalité vécue. Mais les raisons de ce choix sont plus profondes encore.
En effet, cette réunion préparatoire est d’abord une réflexion sur les objectifs et sur les situations d’apprentissage pour une « éducation relative à l’environnement ». Il s’agit d’entraîner les élèves et étudiants a comprendre le milieu et les informations sur le milieu diffusées par les médias.
Ce sont ces compétences et ces attitudes qu’il convient de développer, ces instruments n’étant que des instruments à discuter et à dépasser. Nous souhaitons donc vous associer à cette réflexion comme créateurs et non seulement comme applicateurs.
Nous vous proposons un descriptif du prototype d’un programme éducatif en se fondant sur quatre éléments essentiels : les disciplines fondamentales intégratrices, le choix d’études conduisant à l’interdisciplinarité, la liaison effective avec la communauté environnante et les projets d’actions pratiques (au niveau local) reposant sur des situations réelles. Il espère ainsi fournir aux enseignants les connaissances nécessaires pour développer chez les élèves et fidèles d’autres systèmes de valeurs, qui les encouragent à adopter des attitudes compatibles avec la préservation et l’amélioration de l’environnement. Ceux-ci devraient ainsi mieux concevoir la recherche des solutions efficaces aux problèmes de l’environnement.

Le guide pédagogique Éduquer à l’environnement en vue du développement durable propose de nombreuses activités s’appuyant sur la pédagogie de la conscientisation, la pédagogie de projets, l’étude interdisciplinaire du milieu, la démarche de résolution de problèmes, le jeu de rôle, l’enquête, etc., autant d’approches et de moyens pédagogiques inspirés de l’éducation relative à l’environnement et axés sur le développement des compétences. Chaque activité proposée est présentée selon les principes de la pédagogie de la conscientisation. Elle débute par une mise en situation qui introduit l’activité et permet d’évaluer ou d’introduire les connaissances de base nécessaires à sa réalisation. Elle comprend ensuite trois principales phases, soit:
– Une phase d’observation de la réalité qui permet de définir la problématique et d’envisager des solutions à un problème donné ;
– Une phase d’analyse de la réalité qui permet la recherche et le traitement d’information menant à la compréhension et à la résolution du problème donné. Elle permet aussi le recueil des éléments nécessaires pour mener à terme un projet, une production ou une action ;
– Une phase de transformation de la réalité qui permet dans un premier temps de synthétiser l’information, de structurer et d’intégrer de nouvelles connaissances en vue d’une communication, d’une production ou d’une action donnée. Dans un second temps, elle permet de présenter des résultats, d’échanger de l’information, de mettre en œuvre des actions communes à l’échelle de la classe, de l’école ou de la communauté

1. Ecoles maternelles e Ecoles de dimanche
Module 1 : La création
Module : Le rôle de l’homme face à la création

2. Ecoles primaires et secondaires
Module 1 : La création : origine, caractéristiques et rôle de l’homme sur la création
Module 2 : Climat : observations, variabilités naturelles et changement climatique
Module 3 : Vulnérabilité au changement climatique : Concepts, définitions et approches
Module 4 : Impacts attendus sur les principaux secteurs socio-économiques du CC
Module 5 : Pourquoi intégrer le CC aux niveaux communautaire, régional et national ?

3. Ecoles bibliques et théologiques
Module 1 : La justice climatique
Module 2 : Les manifestations, les causes, conséquences et alternatives du changement climatique
Module 4 : L’atténuation, l’adaptation et la résilience comme mesures préventives aux CC
Module 3 : Les techniques de reboisement
Module 5 : Le développement durable
Module 6 : Les outils de conscientisation : le plaidoyer, l’information, l’éducation et la communication relative à l’éducation environnementale
Module 7 : L’animateur et son rôle dans la communauté

4. Ecoles de dimanche et mouvements (JEELC et FPC).
Module 1 : Causerie éducative sur les défis environnementaux
Module 2 : Manifestation, Causes, conséquences et solutions alternatives aux changements climatiques
Module 3 : Les mouvements comme acteur de changement dans la communauté sur les défis du changement climatique.

Conclusion
L’éducation relative à l’environnement, est autant de points à inclure dans une pratique éducative, en l’occurrence l’approche interdisciplinaire indispensable, un enseignement basé sur le passage à l’action et la clarification des valeurs nécessaires à la fois pour sauver l’environnement et permettre de faire acquérir aux élèves les concepts et les démarches indispensables. Elle propose également un certain nombre d’outils permettant aux enseignants de préciser les divers éléments d’une pratique éducative, en particulier les objectifs d’environnement et les stratégies éducatives heuristiques d’une éducation relative à l’environnement. Toutefois, les problèmes d’éducation ne sont pas simples ; les instruments proposés doivent être resitués dans le contexte de l’EELC ou du pays dans lesquels se dérouleront les actions de formation

Therèse Nocke
Responsable Opérationnel du Projet Environnement EELC

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